funics

Le Swing

In History on September 29, 2010 at 6:22 pm

« Monsieur Armstrong, qu’est-ce que le swing ?

« Madame, si vous avez à le demander, vous ne le saurez jamais ! »

“Propos attribués à Louis Armstrong

Swing désigne la période du jazz des années 1930 illustrée par les grands orchestres blancs (Benny Goodman, qualifié de Roi du swing du fait de la diffusion de ses concerts sur l’ensemble des USA par la radio) ou noirs à l’origine de cette musique (Fletcher Henderson, Chick Webb, Jimmy Lunceford, Count Basie, Duke Ellington) et les petits ensembles de la même époque.

Swing (qui donne “swinguer”) désigne également un élèment musical fondamental du jazz classique. D’un point de vue technique, il consiste à substituer systématiquement à toute formule rythmique binaire une formule ternaire « balancée » (Anglais : shuffle, formule rythmique également appliquée dans le blues). Ainsi à une succession de deux croches on substitue la première et la troisième croche d’un triolet. Cependant, cette explication est une simplification ; en effet, d’après le chercheur Anders Friberg, le taux de modification du rapport entre deux croches (ou swing ratio) varie selon le tempo : si le rapport est bien comparable à celui d’un triolet autour d’un tempo de 200 noires par minute, il devient de plus en plus binaire à un tempo plus élevé. De même, lorsque le tempo est plus bas, le rapport ressemble davantage à celui d’une croche pointée suivie d’une double croche.

En définitive, cet élèment fondamental du jazz classique se rapporte à la pulsation. Fondée sur la syncope qui confère souplesse et rebondissemement à la section rythmique, elle permet au soliste et aux ensembles orchestraux “par une parfaite mise en place des valeurs”* de produire ce phénomène de l’ordre de la sensation pure et donc difficile à noter. L’accentuation forte ou faible du contre-temps participe aussi de ce processus de création d’une ambiance faite pour la danse; Avec la révolution du be bop structuré autour d’une conception harmonique novatrice et le cool qui revisite la fonction esthétique même du jazz, le swing rééxamine ses concepts de base pour s’intégrer dans un cadre où il devient un partenaire présent mais discret pour les auditeurs, la mise en place des valeurs évoquées ci-dessus (articulation des phrases musicales, mise en place des notes par rapport à la mesure, accentuations) pouvant être différentes, voire inversées. Les musiques évoluées qui se réclament du jazz depuis les années soixante de dix, après le free-jazz, ne se fondent, sauf exception, sur ces principes et le terme swing est peu usité et évoque plutôt un climat musical.

Entre 1915 et le début des années cinquante le Swing était plus souvent qualifié de Fox-Trot . Son premier usage remonterait à 1907, dans le titre d’une composition de Jelly Roll Morton: Georgia Swing.

Avoir le swing

Longtemps cette notion un peu abstraite était associée au Jazz, lorsque l’exécution musicale atteignait une sorte de “moment de grâce”, une période où la musique décolle. Cette notion se retrouve dans de nombreux autres styles de musique que le jazz sous des noms différents : le duende en flamenco, le tarab en musique arabe, le groove dans le funk ou soul, sabor dans la salsa, etc.

Middle Jazz

In History on September 29, 2010 at 6:20 pm

Le middle jazz est un courant musical du jazz qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu’à l’avènement du be-bop dans les années 1940. Il est surtout caractérisé par le développement des grands orchestres et big bands et du swing. Par extension, ce courant est également appelé « ère des big bands », « époque du swing » ou tout simplement « swing ».

Un élément du middle jazz est l’apparition des grands orchestres et des big bands, avec notamment le développement des sections de cuivres, et particulièrement des saxophones. Chaque orchestre acquiert une identité et une couleur qui lui est propre, surtout grâce au travail des arrangeurs et des chefs d’orchestre qui adaptent les compositions à la personnalité de l’orchestre, voire de chaque musicien. Malgré l’effectif important de ces orchestres, ils laissent à des solistes de talent la possibilité de s’exprimer au cours de longs solos. Mais l’élément le plus caractéristique de ce courant est l’adoption par ces orchestres du style swing, basé sur la répétition de petites phrases rythmées : les riffs.

Le mouvement middle jazz a été amorcé par Louis Armstrong qui en 1927 et 1928, avec ses deux ensembles, les Hot Five et Hot Seven, établit l’orchestre comme un support pour le soliste. Armstrong rejoint quelques mois plus tard Fletcher Henderson qui avait inauguré le grand orchestre en 1927. Deux des acteurs majeurs de ce courant furent sans doute Count Basie qui, après avoir rejoint l’orchestre de Benny Moten en 1929, en devient le chef après sa mort en 1935 et Duke Ellington qui à partir de 1927 fait évoluer son petit orchestre des Washingtonians en un fameux big band. En 1935, le clarinettiste Benny Goodman, surnommé le « roi du swing », forme son propre orchestre et n’hésite pas à engager Fletcher Henderson.

Cette époque a vu apparaître également des solistes caractéristiques comme le saxophoniste Coleman Hawkins qui en entrant en 1922 dans l’orchestre de Fletcher Henderson fut le premier à donner sa place d’honneur au sax ténor, l’autre saxophoniste ténor Lester Young qui rejoint Count Basie, les chanteuses Billie Holiday et Ella Fitzgerald, ou les pianistes Fats Waller et Art Tatum.

Le courant va s’essouffler avec l’émergence du bebop, mais ses principes seront repris au milieu des années 1950 dans le mainstream.

Quelques musiciens du middle jazz

  • Fletcher Henderson
  • Benny Moten
  • Count Basie
  • Duke Ellington
  • Cab Calloway
  • Benny Goodman
  • Jimmie Lunceford
  • Earl Hines
  • Chick Webb
  • Artie Shaw
  • Louis Armstrong (trompette)
  • Don Byas (saxophone)
  • Harry Carney (saxophone)
  • Charlie Christian (guitare)
  • Bill Coleman (trompette), (bugle)
  • Ella Fitzgerald (chant)
  • Lionel Hampton (vibraphone)
  • Coleman Hawkins (saxophone)
  • Johnny Hodges (saxophone)
  • Billie Holiday (chant)
  • Freddie Green (guitare)
  • Jo Jones (batterie)
  • Thad Jones (trompette)
  • Gene Krupa (batterie)
  • Bubber Miley (trompette)
  • Buddy Tate (saxophone)
  • Art Tatum (piano)
  • Juan Tizol (trombone)
  • Fats Waller (piano)
  • Ben Webster (saxophoniste)
  • Cootie Williams (trompette)
  • Teddy Wilson (piano)
  • Lester Young (saxophone)

Smooth Jazz

In History on September 29, 2010 at 6:18 pm

Le smooth jazz utilise des sonorités douces souvent avec un côté Jam du jazz et les influences de musique soul, funk et pop.

Le smooth jazz peut être instrumental ou chanté, l’instrumentation est très proche du jazz : une rythmique composée d’une batterie, d’une basse électrique, divers synthétiseurs, et un ou plusieurs instruments solistes. Le solo est tenu la plupart du temps par une guitare, mais aussi par des saxophones, flûtes, pianos ou bien rhodes. L’utilisation des synthétiseurs donne un aspect un peu rétro 1980’s au son.

Ce courant, né de la rencontre entre le jazz et d’autres éléments tels que le funk, la soul et la pop, s’inscrit totalement dans l’évolution du jazz-fusion. On peut même considérer que le smooth jazz est au jazz-fusion ce que le cool jazz était au jazz traditionnel.

On l’appelle parfois “Rhythm & Jazz” (un terme employé bien avant l’apparition du mot Smooth Jazz), “Jazz-Pop” ou “NAC” (“New Adult Contemporary”) pour son fort potentiel de “crossover”, ce qui revient à dire que cette musique a souvent tendance à attirer à elle un public néophyte en matière de jazz, qui vient plutôt des milieux pop, Rock ou R&B. Ce qui compte est davantage les mélodies, le rythme entraînant, et la facilité d’écoute. Le terme de smooth jazz est souvent employé pour désigner des styles très variés, et ne reflète pas précisément un genre bien défini.

On doit les prémices de cette musique à des artistes tels que Wes Montgomery pendant ses années A&M Records (à savoir des albums de reprises de succès pop enregistrés avec des sections de cordes) ou Lonnie Liston Smith, et surtout au prestigieux label CTI Records, qui a amené le jazz à un tout nouveau public. La plupart des artistes pionniers du genre proposait un style fortement marqué par les musiques afro-américaines, telles que la Soul et le Funk. À ce propos, l’émission américaine “The Quiet Storm” a été l’une des premières à diffuser du smooth jazz en 1976, qui était alors considéré comme le penchant instrumental de la musique Quiet Storm, popularisée par des artistes comme Smokey Robinson ou Luther Vandross.

Puis au fil des ans, le smooth jazz a cherché à conquérir un public plus blanc, en proposant des sonorités très pop voire parfois New Age. Kenny G est sans doute l’artiste le plus représentatif de ce tournant. Son succès sans égal (NB : il fait partie des 25 artistes les plus vendeurs de tous les temps aux États-Unis, toutes catégories confondues) a donc eu une grande influence sur le son actuel du smooth jazz.

Les détracteurs du smooth jazz lui reprochent son manque d’improvisation, de swing (rythmique ternaire qui fait défaut au smooth jazz, résolument binaire), ainsi que son côté particulièrement formaté.

Si le smooth jazz n’a pas un franc succès en Europe, c’est le genre de jazz le plus vendeur de l’autre côté de l’Atlantique et la plupart des radios jazz américaines ne diffusent quasiment que du smooth jazz. À l’origine, les radios smooth jazz éditaient les morceaux en enlevant les solos ou l’improvisation : cela a été à l’origine du format smooth jazz que l’on connaît actuellement. Les détracteurs du genre lui reprochent son côté formaté pour passer en radio.

Les défenseurs du genre considèrent le smooth jazz comme un des sous-genres légitimes du jazz, au même titre que le jazz-fusion, dont il est dérivé, mais d’autres prétendent que le smooth jazz n’est pas un genre de jazz mais un terme inventé par les médias pour désigner de la simple pop instrumentale. Ce reproche n’est pas toujours justifié pour certains musiciens smooth jazz, qui s’avèrent être parfaitement capables de jouer du jazz traditionnel et comptent dans leur discographie quelques albums dans ce genre. Un des meilleurs exemples est celui du saxophoniste Gerald Albright, qui a obtenu les faveurs des critiques les plus pointus de jazz à la sortie de son album Live At Birdland West. Par ailleurs, beaucoup de musiciens smooth jazz sillonnent les routes en accompagnant des artistes populaires de renom, c’est par exemple le cas de Candy Dulfer pour Prince ou Chris Botti pour Sting.

Artistes

Il existe nombre de groupes de smooth jazz, mais ce sont le plus souvent les musiciens solistes qui sont mis à l’honneur dans ces groupes.

On trouve parmi ceux-là :

Joshua Redman

Joshua Redman

  • le guitariste Ronny Jordan caractérisée par sa façon de jouer sa guitare octavée
  • le saxophoniste Kenny G.
  • Le groupe Incognito a réuni plus d’une centaine d’artistes différents sur ses albums.

Albums

Les albums de smooth jazz sont souvent réputés pour être très formatés. En effet, beaucoup de critiques considèrent que les musiciens smooth jazz n’exploitent qu’une petite partie de leurs capacités sur leurs albums studio afin de pouvoir passer en radio, en improvisant le moins possible. En revanche, pendant les concerts, on peut attester de leur niveau technique car ils se livrent beaucoup plus volontiers aux improvisations, tels n’importe quels autres musiciens de jazz.

On trouve sur les albums souvent beaucoup d’invités dont le but est souvent de stimuler les ventes et d’approvisionner les radios smooth jazz en titres vocaux. Ces invités sont la plupart du temps d’autres artistes reconnus du genre ou des chanteurs de R&B, et plus particulièrement Quiet Storm. L’une des grandes particularités de ces albums est la présence de nombreuses reprises instrumentales de morceaux R&B ou pop à succès, qui reprennent souvent la mélodie note pour note, avec parfois quelques vocalises pendant le refrain.

Quelques exemples :
That’s The Way Love Goes de Janet Jackson par Norman Brown
Jammin’ de Bob Marley par Grover Washington, Jr.
Smoke Gets In Your Eyes des Platters par David Sanborn
Beautiful de Christina Aguilera par Kenny G avec la chanteuse Chaka Khan
Careless Whisper de George Michael par Dave Koz avec le chanteur Montell Jordan
Tears In Heaven de Eric Clapton par Joshua Redman

Certains artistes ont même fait des albums entiers de reprises.

Quelques exemples :
Inner City Blues – Grover Washington, Jr.
Classics In The Key of G – Kenny G
Songs from the Key of Life – Najee (version instrumentale de l’album de Stevie Wonder)
There’s a Riot Goin’ On – George Howard (version instrumentale de l’album de Sly & The Family Stone)
Forever, For Always, For Luther – Divers artistes (album hommage à Luther Vandross)
UnwrappedDef Jazz et Streetwize – Divers artistes (compilations qui reprennent des morceaux Rap et R’n’B en version smooth jazz)