funics

Nu Jazz

In History on September 29, 2010 at 6:11 pm

C’ est une dénomination générale apparue à la fin des années 1990 pour désigner des styles musicaux qui marient des harmonies ou instrumentations jazz, funk, issues de la musique électronique et de l’improvisation libre, on rencontre également les termes de jazz électroniqueelectronic jazzelectro-jazze-jazzjazztronicajazz housephusion ou future jazz. Le Nu-jazz va plus loin dans le territoire de l’electronique que son proche cousin l’Acid Jazz, qui reste plus proche du Soul et du rhythm and blues. Les compilations Saint-Germain-des-Prés Café donnent un aperçu de la scène Nu-jazz depuis 2001.

« Le Nu jazz est au jazz (traditionnel) ce que le punk ou le grunge ont été au rock. […] L’accent est mis sur les chansons, pas sur les prouesses individuelles des musiciens. L’instrumentation du Nu jazz s’étend du traditionnel à l’expérimental, les mélodies sont fraîches, et les rythmes nouveaux et vivants. Avec lui, le jazz redevient plaisant. » — Tony Brewer (traduit de l’anglais), in All About Jazz.

Histoire

Le Nu jazz débute avec l’utilisation d’instruments électroniques dans les années 70 et grâce à des artistes tels que Miles Davis, Herbie Hancock, et Ornette Coleman. C’est en particulier le travail d’Herbie au début des années 80 avec Bill Laswell dans l’album Future Shock qui annonçait le style avec des incorporations d’electro et de rythmes hip-hop. À partir de la fin des années 80, beaucoup de musiciens hip-hop travaillaient dans un style jazz-rap, parmi eux, Gang Starr, The Roots, A Tribe Called Quest, et Nas. Toujours dans les années 80, de nombreux musiciens house s’inspiraient du jazz, en particulier du post-bop et du jazz funk.

Au milieu des années 90 et au début des années 2000 des musiciens de la scène downtempo comme Jazztronic, St Germain, Truby Trio, DJ Takemura, Perry Hemus et Jazzanova ont commencé à plonger plus profondément dans le jazz. Dans la même période les producteurs d’Intelligent Dance Music, pour les plus célèbres Squarepusher et Spring Heel Jack, et plus tard London Elektricity et Landslide, s’y intéressent aussi. Des musiciens techno comme Carl Craig et son projet Innerzone Orchestra, ont également porté un intérêt au Nu jazz. Des figures des scènes hardcore et breakcore, notamment Alec Empire, Nic Endo, et Venetian Snares, ont expérimenté une variante plus dure et bruitiste du style. Dix ans plus tard, certains producteurs de dubstep, tels que Boxcutter, ont aussi expérimenté le jazz électronique.

Tout en conservant les formes traditionnelles du jazz, le pianiste Bugge Wesseltoft et le trompettiste Nils Petter Molvær sont connus pour leur improvisation dans le style nu jazz. The Cinematic Orchestra est également connu pour intégrer une bande de jazz traditionnel dans ses productions musicales au milieu d’éléments électroniques. St Germain, une figure du nu jazz, a même vendu 1,5 millions d’exemplaires de son album Tourist, qui a ainsi été meilleure vente d’album de jazz aux États-Unis.

West Coast Jazz

In History on September 29, 2010 at 6:02 pm

C’est le jazz pratiqué en Californie par les musiciens, en majorité blancs, de cette région des États-Unis dans les années 1950, plus précisément entre 1952 et 1958. La grande concentration de musiciens dans cette région, due en grande partie au travail offert par les studios d’Hollywood alors en plein essor, permit l’éclosion d’une scène Jazz très active.
Si on peut contester l’existence d’une école “West Coast” au regard de la diversité des productions de ce courant, la majorité des critiques et amateurs reconnaissent cependant une certaine parenté esthétique, au-delà de l’unité historique et géographique, entre les acteurs du Jazz West Coast.

Histoire

La Californie, en particulier Los Angeles, est depuis le début du XXe siècle un des hauts lieux du Jazz. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Californie connaît un fort boom économique et l’activité des clubs de Jazz se faît plus intense. Les plus importants jazzmen américains passent alors jouer en Californie tel Charlie Parker qui y séjourne de 1945 à 1947. Los Angeles est surtout connu à l’époque pour sa scène Dixieland mais le Jazz moderne va finir par s’imposer au début des années 1950 dans de nombreux clubs comme le “Trade Wings”, “Billy Berg’s”, “Zardi’s”, “Tyffany’s” ou le “Surf Club”.

Des grands orchestres à la musique audacieuse apparaissent comme l’orchestre de Woody Herman avec son Second Herd et celui de Stan Kenton. Ces deux formations vont compter en leur sein beaucoup de futures vedettes du Jazz West Coast. Ainsi derrière les pupitres de Kenton vont s’illustrer Art Pepper, Shelly Manne, Shorty Rogers, Bud Shank, Bob Cooper entre autres.

Quant au Second Herd de Woody Herman, il crée les premiers chefs d’œuvre du mouvement avec Four Brothers (1947) de Jimmy Giuffre etEarly Autumn (1949) arrangé par Ralph Burns contenant un solo d’anthologie de Stan Getz. Le principal apport de cet orchestre est le son révolutionnaire, léger et souple, de sa section d’anches, les fameux “Four Brothers” initialement nommés Four Mothers (pour motherfuckers) comprenant les saxophonistes ténor Stan Getz, Zoot Sims, Herbie Steward et le baryton Serge Chaloff.

Tous ces musiciens sont loin d’être tous originaires de Californie. Shelly Manne dira plus tard que « tous les musiciens de la West Coast venaient de New York » (in Jazz Magazine, n° 567). Ils vont bientôt quitter les grands orchestres pour mener diverses expériences à formations variables, du trio au Big Band, tout en travaillant pour les studios de cinéma. Leur point de ralliement est le “Lighthouse” d’Hermosa Beach à une trentaine de kilomètres de Los Angeles, où le bassiste Howard Rumsey organisait des jam sessions devenus mythiques. Trois leaders aux multiples talents s’imposent rapidement, Shorty Rogers, Shelly Manne et Jimmy Giuffre. Autour de ces trois hommes se crée une véritable communauté de musiciens créant un nombre important de disques souvent de grande qualité. Shelly Manne a bien décrit l’atmosphère créatrice qui régnait à l’époque :

« Nous expérimentions sans cesse en nous servant de compositions écrites, il était impossible de dire où finissait la composition et où commençait l’improvisation. S’il s’est passé quelque chose de spécial à cette époque en Californie, c’est parce que nous étions un petit groupe de musiciens qui travaillions toujours ensemble, qui échangions des idées. Quand je faisais un disque, les autres étaient sur mon disque et quand ils faisaient un disque, j’étais dessus. Si le son était tellement particulier, reconnaissable, c’est qu’il venait du même groupe de gens. Quel que soit le leader, c’était le même son. (…) Nous étions très proches les uns des autres. D’abord parce que nous avions vécu ensemble les tournées des grands orchestres – Giuffre, Rogers et moi dans l’orchestre de Woody Herman, ou dans celui de Stan Kenton avec Bud Shank, Art Pepper, Shorty… Avant de nous installer sur la Côte Ouest, nous avions déjà passé des années ensemble. »

Un des premiers manifestes du mouvement est le disque “Modern Sounds enregistré en octobre 1951 par Shorty Rogers & His Giants. Gerry Mulligan, à la marge du mouvement, remporte le succès avec son quartet sans piano avec Chet Baker en 1952.

Les années 1960 sont moins favorable aux musiciens de Jazz mais le club dirigé par Shelly Manne, le Shelly Manne’s Hole, reste de 1960 à1972 le dernier bastion du jazz vivant à Los Angeles.

Styles

Le mouvement West Coast se nourrit de diverses influences : la virtuosité et les innovations du Be Bop, le jeu détendu de Lester Young, les expériences pré-Free de Lennie Tristano, l’efficacité du Swing de Count Basie mais aussi les compositeurs classiques du xxe siècle, en particulier les impressionnistes français Debussy et Ravel.

Les musiciens West Coast possèdent, pour la plupart, de sérieuses connaissances musicales acquises notamment auprès du Dr. Wesley LaViolette, un théoricien du contrepoint et grand pédagogue. Tous ces éléments divers se mélangent avec un dosage différent selon les enregistrements.

Une des caractéristiques constantes de ces enregistrements est l’importance et le soin accordés aux arrangements. Musique écrite et liberté d’improvisation cohabitent avec bonheur. Un des apports du mouvement au Jazz est l’introduction d’instruments quasiment inédits dans le Jazz comme le cor, le tuba ou le hautbois, tous issus de la musique classique occidentale. Ainsi, de nombreux projets du mouvement prolongent l’esthétique du Birth of the cool de Miles Davis tant au niveau du soin apporté à l’arrangement que de l’instrumentation.

Mais il est réducteur d’assimiler comme cela a été fait pendant longtemps West Coast et Cool car il n’est pas difficile de trouver des solistes et des enregistrements West Coast “hot”. Pour les solistes, on peut citer l’exemple du trompettiste Conte Candoli.

Formations principales

  • Cal Tjader Quartet et Quintet
  • Dave Pell Octet
  • Gerry Mulligan Quartet
  • Howard Rumsey’s Lighthouse All Stars
  • Jimmy Giuffre Trio
  • Lennie Niehaus Octet
  • Marty Paich Big Band
  • Pete Rugolo And His Orchestra
  • Shelly Manne And His Men
  • Shorty Rogers And His Giants

Musiciens

  • Shorty Rogers (trompette, bugle, arrangement)
  • Jimmy Giuffre (saxophone ténor, baryton & soprano, clarinette, flûte, arrangement)
  • Shelly Manne (batterie)
  • Art Pepper (saxophone alto)
  • Gerry Mulligan (saxophone baryton, piano, arrangement)
  • Zoot Sims (saxophone ténor)
  • Stan Getz (saxophone ténor)
  • Chet Baker (trompette, chant)
  • Bud Shank (saxophone alto, flûte)
  • Bob Cooper (saxophone ténor, hautbois)
  • John Graas (cor)
  • Bill Perkins (saxophone ténor, baryton & soprano, flûte)
  • Lennie Niehaus (saxophone alto, arrangement)
  • Marty Paich (piano, arrangement)
  • Conte Candoli (trompette)
  • Lou Levy (piano)
  • Herb Geller (saxophone alto & soprano)
  • Richie Kamuca (saxophone ténor)
  • Jack Montrose (saxophone ténor, arrangement)
  • Chico Hamilton (batterie)
  • Bob Gordon (saxophone baryton)
  • Russ Freeman (piano)
  • Jack Sheldon (trompette)
  • Pete Jolly (piano)
  • Bob Enevoldsen (trombone à pistons, saxophone ténor)
  • Buddy Collette (saxophone alto & ténor, flûte, clarinette)
  • Bill Holman (saxophone ténor, arrangement)
  • Hampton Hawes (piano)
  • Don Fagerquist (trompette)
  • Claude Williamson (piano)
  • Leroy Vinnegar (basse)
  • Milt Bernhart (trombone)
  • Howard Rumsey (basse)
  • Chuck Flores (batterie)
  • Frank Rosolino (trombone)
  • Curtis Counce (basse)
  • Stan Levey (batterie)
  • June Christy (chant)
  • Harold Land (saxophone ténor)
  • Cy Touff (trompette basse)
  • André Prévin (piano, arrangement)

Discographie partielle

  • 1949 : Keeper of The Flame : The Complete Capitol Recordings – Woody Herman
  • 1951-1956 : West Coast Sounds – Shorty Rogers, Fresh Sounds, 2006 (comprend Modern Sounds, 1951 ; Cool and Crazy, 1953 ; Shorty Rogers courts the Count, 1954…)
  • 1952-1957 : The Complete Pacific Jazz Recordings of The Gerry Mulligan Quartet with Chet Baker
  • 1953 : Sunday Jazz à la Lighthouse – Howard Rumsey’s Lighthouse All-Stars, Contemporary
  • 1953 : The Chet Baker Quartet Featuring Russ Freeman, Pacific Jazz
  • 1953 : Easy Like – Barney Kessel, Contemporary
  • 1953-1955 : Shelly Manne & His Men, Vol. 1 : The West Coast Sound, Contemporary
  • 1953-1955 : Something Cool – June Christy, Capitol
  • 1954 : The Three & The Two – Shelly Manne, Contemporary
  • 1954-1955 : The Cool One – Jimmy Giuffre, Giant Steps, 2006
  • 1954-1956 : Lighthouse All-Stars Vol. 4 : Oboe/Flute – Howard Rumsey, Contemporary
  • 1954-1956 : Zounds – Lennie Niehaus, Fantasy
  • 1955 : West Coast Jazz – Stan Getz, Verve
  • 1956 : Picture of Heath (aussi paru sous le nom Playboys) – Chet Baker & Art Pepper, Pacific Jazz
  • 1956 : Lighthouse All-stars : Music For Lighthousekeeping – Howard Rumsey, Contemporary
  • 1956 : The Steamer – Stan Getz, Verve
  • 1956-1957 : Modern Art – Art Pepper, Blue Note
  • 1957 : The Poll Winners with Ray Brown and Shelly Manne – Barney Kessel
  • 1959 : Art Pepper + Eleven, Contemporary
  • 1959 : Modern Touch – Marty Paich
  • 1959 : Shelly Manne & His Men at the Blackhawk Vols 1-5, Contemporary

Cool Jazz stream

In History on September 29, 2010 at 5:58 pm

Le cool jazz est un courant de jazz apparu dans les années 1950.

Le terme de « cool jazz » est discutable et ne recouvre pas de fait un style précis, des musiques très différentes se sont vues étiquetées comme du « cool jazz » (des expériences de Lennie Tristano aux reminiscences classiques du Modern Jazz Quartet et passant par l’inclassable quartet de Dave Brubeck). Plus qu’un véritable « style », il s’agit plutôt d’une approche plus calme et plus détendue du jazz, rompant avec la frénésie du bebop.

Par tradition, on considère que le «cool jazz » est né en 1949 sous la houlette des musiciens regroupés par Miles Davis pour élaborer la musique de son nonette (Gerry Mulligan, Gil Evans, John Carisi, John Lewis,…). Les titres enregistrées pour 78t par cette formation (regroupées plus tard sur l’album intitulé « Birth of the cool »), les enregistrements de Gerry Mulligan avec son quartet ou son tentet, certains disques en petites formations de Shorty Rogers («Modern sounds» pour Capitol) sont représentatives de cette esthétique.

La musique du nonette de Miles Davis était en fait l’adaptation au jazz moderne de concepts déjà exploités par l’orchestre de Claude Thornhill (absence de vibrato, son feutré, phrasé peu accentué,…). On peut même considérer que cette approche « cool » du jazz était déjà présente chez des musiciens des années 20 comme Bix Beiderbecke et Frankie Trumbauer, ou des jazzmen des années 30 comme Lester Young.

Le « cool jazz » est souvent associé au mouvement « jazz West Coast », jazz joué, dans les années 50, par les musiciens (la plupart du temps blancs) qui exerçaient alors en Californie et travaillaient pour les studios cinématographiques.

Les écrivains beatniks, en particulier Jack Kerouac, ont été des chanteurs de ce « style » de jazz.

Quelques célèbres représentants du « cool jazz »

Miles Davis, Chet Baker, Gerry Mulligan, Lennie Tristano, Lee Konitz, Dave Brubeck